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Pendant ce temps, en Suisse…





Alors que l’Europe et les Etats-Unis sont plongés dans la gestion sans fin d’une épidémie qui n’en finit pas de finir ; alors que la France est scotchée à ses écrans pour essayer de départager qui présidera à ses destinées ; en Suisse, on continue de débattre en prévision des votations du 13 février prochain.


Ce n’est pas que la Suisse soit exempte des soubresauts de la gestion de crise. Quand lèvera-t-on les restrictions, et lesquelles ? Si je dois partir à l’étranger, faudra-t-il que je me fasse tester avant, pendant, après, combien de fois ? Pourquoi mon passe, qui courait sur douze mois, s’est-il vu soudainement réduit à neuf mois ? En Suisse aussi, la gestion de cette crise n’en finit pas de finir. C’est à croire qu’on est tous drogués, depuis ces deux ans que l’on biberonne à la spike, aux récepteurs ACE, au site de clivage de la furine, aux mesures non pharmaceutiques et aux anti-corps facilitants (ou non). Au moins en Suisse n’avons-nous pas d’élections présidentielles au suffrage universel, ça nous libère un peu de temps de cerveau.


Non : en Suisse, comme tous les trois mois, on se prépare à voter sur des sujets importants, qui vont structurer la vie politique et sociale pour les années et les décennies à venir.



LES SUISSES VOTENT SUR QUATRE SUJETS LE 13 FEVRIER


Pas moins de quatre sujets sont sur la table au niveau fédéral : le soutien aux medias, l’interdiction de la publicité sur le tabac pour les mineurs, la suppression du droit de timbre pour les augmentations de capital, et l’interdiction de la recherche sur les animaux.


Chacun de ces référendums porte sur des sujets complexes, que l’on ne peut pas balayer d’un revers de la main. Il n’existe pas de « c’est évident ! ». Voter oui ou non engage chaque citoyen, dans ses convictions, dans son portefeuille, dans son confort ou dans son mode de vie.

Commençons par le soutien aux medias. L’effondrement de la publicité entraîne régulièrement des fermetures de journaux ou d’hebdomadaires. Faut-il stopper artificiellement ce mouvement, en soutenant ces entreprises de medias, au risque de soutenir les grands groupes autant que les indépendants ? Ou bien doit-on laisser l’information migrer vers les plates-formes de réseaux sociaux ? N‘allons-nous pas devenir dépendant des algorithmes des GAFAM ? Oui, mais une presse sous perfusion financière de l‘état n’est-elle pas condamnée à moyen terme ? L’indépendance n’est-elle pas la qualité intrinsèque que l’on attend d’un journal que l’on achète au kiosque ?


Pour le tabac, on serait tenté d’approuver l’interdiction de la publicité pour les mineurs. Les premiers sondages donnaient initialement une nette avance à cette initiative. D’ailleurs tout le monde est d’accord a minima pour restreindre la publicité à destination des mineurs : en prévision de ce référendum, le parlement a voté une loi qui va dans le même sens, mais de manière moins radicale que l‘initiative référendaire.


Si la question est une question de degré, elle n’en reste pas moins fondamentale. Le tabac est un produit légal : faut-il pourtant en restreindre fortement la publicité ? Ne risque-t-on pas d’infantiliser la population, ou pire encore, de rendre attrayant un produit que l’on cherche à cacher ? Qui peut croire que les mineurs qui veulent essayer la cigarette ne se laisseront pas tenter dans la cour de récréation, publicité ou pas publicité ? D’ailleurs, l’industrie du tabac est extrêmement régulée, ce qui ne l’empêche pas de faire des profits gigantesques, bien au contraire : plus un secteur est régulé, plus la concurrence est faussée et plus les profits s’empilent. Il suffit de voir l’industrie pharmaceutique en 2020 et 2021 pour s’en convaincre.


Il en est de même pour les deux autres initiatives. Faut-il baisser les impôts (le droit de timbre en l’occurrence) pour libérer les entreprises et attirer des investisseurs qui créeront des emplois, ou faut-il les augmenter pour financer les services publics ? Faut-il continuer à expérimenter des nouvelles molécules sur des animaux, pour tenter des trouver des remèdes à des maladies qui tuent par milliers, ou faut-il développer des méthodes alternatives pour ne pas tuer des animaux, au risque de prendre du retard jusqu’à ce que ces méthodes alternatives soient efficaces ?



VOTER POUR DES PERSONNALITES OU DEBATTRE SUR DES IDEES ?


Se pencher sur ces sujets, régulièrement, studieusement, c’est quand même autre chose que de se demander qui de Pécresse ou de Zemmour mettra le plus de délinquants en prison, si Hidalgo obtiendra « Passable - »  ou « Insuffisant + » à la primaire populaire de la gauche, ou si Macron fera ou non un débat de premier tour. Au lieu de commenter sur les hommes, les Suisses débattent des idées.


Je ne parle pas ici de l'élite. Bien sûr que des débats de très haut niveau ont lieu en France, sur tous les sujets, de manière très approfondie. La question de l’élection du président au suffrage universel est une vraie question, débattue entre constitutionnalistes, de même que les questions bio-éthiques, le droit du travail, les relations avec nos voisins européens, l’énergie, et tant d’autres sujets.


Je parle ici des gens de tout niveau social, éducatif et intellectuel. Beaucoup de Français se bercent dans l’illusion que leur vote quinquennal va les décharger de penser et d’agir. Les autres ont cessé de croire et se sont soit résignés, soit engagés dans les manifestations saturnales et autres occupations de rues, qui sont devenues une nouvelle tradition française, que ce soit les patriotes, les gilets jaunes ou les antifas.


Les Suisses savent que c’est à eux de penser et d’agir, même à leur petit niveau personnel, dans leurs réflexions et dans leurs choix quotidiens. C’est une sacrée différence.




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